Indice Perception de la Corruption 2019, le rang des pays africains (Transparency)


La lutte contre la corruption a contribué de manière significative à la transformation en cours des économies sur tout le continent et renforce la détermination à réaliser un développement inclusif et durable, comme prévu dans l’Agenda 2063 de l’Afrique. Ces avancées dans la lutte contre la corruption ont été soutenues par des cadres juridiques et politiques tels que la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption (AUCPCC). 

Voici qu’en 2019, trois pays africains apparaissent dans le Top 50 des pays les moins corrompus au monde. Les Seychelles (27e) devancent des pays d’Europe comme l’Espagne et le Portugal. L’archipel reste ainsi le pays le moins corrompu du Continent, en dépit des récentes affaires de blanchiment d’argent qui « ne sont pas prises en compte dans l’IPC », précisent les experts, en raison de la volonté politique manifestée, notamment en termes de lois, de renforcement du cadre de la lutte contre la corruption et du dialogue établi entre la société civile et le gouvernement. Viennent ensuite le Botswana (34e) et la Cap-Vert (41). Ratant de justesse sa place parmi les 50 premiers, le Rwanda est 51e, suivi de la Namibie et Maurice (56e).

Au nord du Continent, la Tunisie (74e) reste en tête. Malgré les lois récemment adoptées, il lui est cependant reproché de n’avoir poussé jusqu’au bout les poursuites contre les dirigeants politiques soupçonnés de corruption. Le Maroc (80e) perd sept places, tandis que l’Algérie et l’Egypte sont 106e.

Côte d’Ivoire et Sénégal, « beaucoup » d’efforts à fournir

Les experts de TI estiment qu’en dépit de la forte progression qu’ont connue la Côte d’Ivoire (106e) et le Sénégal (66e) depuis 2012 dans le classement des performances de la lutte contre la corruption, gagnant respectivement 35 et 45 places, « beaucoup » d’efforts doivent encore être consentis. « La volonté politique manifestée par les dirigeants des deux pays – qui ont mis en œuvre un certain nombre de réformes juridiques, politiques et institutionnelles clés au début de leur mandat – est en recul depuis 2016 », justifie TI.

Congo, Liberia, Madagascar, …sur la sellette

Au cours de ces sept dernières années, TI a noté un recul « considérable » de quatre pays dans l’IP : Malawi (31 places perdues), Liberia (28), Madagascar (24e) et Congo (19e). Classé 165e aux côtés du Burundi, le pays de Denis Sassou Nguesso payerait notamment, selon les experts de TI, l’absence de mesure prise par les autorités du pays suite aux « signalements répétés de blanchiment d’argent et de détournement de fonds publics par l’élite politique du pays ».

Outre ces particularités, la plupart des pays du Continent, comme à l’accoutumée, arrivent au bas du tableau. La République démocratique du Congo (RDC) dont le secteur minier est frappé ces dernières années de plusieurs scandales de corruption arrive 168ème. La Guinée équatoriale qui également été au cœur de l’actualité récemment avec l’affaire des « biens mal acquis » se classe 173e. La plus grande économique d’Afrique, le Nigeria, arrive 146e. Le Cameroun, première économie d’Afrique centrale est 153e, tandis que l’Angola (146e) -au cœur de l’actualité avec notamment les Luanda Leaks et les poursuites de l’Etat contre la milliardaire Isabel dos Santos- est considéré comme un « pays à surveiller ».

Corruption Perceptions Index 2019 – Transparency International

RECOMMANDATIONS

Pour réduire la corruption et restaurer la confiance dans la politique, Transparency International recommande aux gouvernements de :

  • Renforcer les systèmes de redevabilité et promouvoir la séparation des pouvoirs ;
  • S’attaquer au traitement préférentiel pour assurer que les budgets et les services publics ne soient pas motivés par des relations personnelles ou orientés par des intérêts particuliers ;
  • Contrôler le financement politique pour éviter un excès d’argent et d’influence en politique
  • Gérer les conflits d’intérêts et s’attaquer au phénomène du pantouflage ;
  • Réglementer les activités de lobbying en favorisant un accès ouvert et constructif à la prise de décision ;
  • Renforcer l’intégrité électorale, prévenir et sanctionner les campagnes de désinformation ;
  • Donner plus de pouvoir aux citoyens et protéger les activistes, les lanceurs d’alerte et les journalistes.

#BRISSE

… partenaire des acteurs de l’économie en Afrique .


Recevez toute l’actualité de l’économie en Afrique sur WhatsApp. C’est simple ! Écrivez nous au (+237) 671503482. 📞


 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici