La RDC veut davantage transformer ses minerais


Avec son nouveau gisement de lithium, la RDC veut augmenter la valeur de ses exportations minières, mais au-delà de la simple exploitation des matières premières, le pays souhaite développer une industrie de la batterie automobile, et donc mettre sur pied des filières de transformation. Un forum économique sur ce thème est prévu le mois prochain à Kinshasa.

Pour Julien Paluku, ministre congolais de l’Industrie, avec les minerais stratégiques comme le cobalt et le lithium, la RDC veut inciter les industriels à opter pour une transformation locale de ces minerais. Ce qui aura un impact positif sur l’économie du pays et va favoriser la création d’emplois. « À la date d’aujourd’hui, nous ne profitons qu’à concurrence de 8 % de nos exportations. Par contre, si la transformation a lieu en RDC, le pays pourrait bénéficier de près de 50 % des dividendes de ces minerais stratégiques, à savoir le cobalt et le lithium », explique-t-il.

La RDC dispose d’atouts certains avec, entre autres, un gisement important de nickel, autre minerai stratégique pour l’industrie automobile mondiale. Reste à passer des discours à la pratique selon Leonide Mupepe, expert en développement minier. « Il ne suffit pas seulement d’avoir ces ressources avec nous, encore faut-il savoir ce que nous recherchons, prévient-il. Le nickel n’est pas exploité, le lithium le sera peut-être dans un avenir proche. Est-ce qu’il y a un plan, une échéance par rapport à leur mise en exploitation ? Et la seconde question : est-ce que nous nous arrêtons seulement à l’étape de producteur ou avons-nous d’autres objectifs, à savoir nous engager dans l’industrie de la transformation de ces métaux et ensuite dans celle de la fabrication ? »

Pour sa part, Jean-Pierre Okenda, membre de la coalition « Le Congo n’est pas à vendre », appelle le gouvernement congolais à assainir d’abord le climat des affaires s’il veut réussir ce pari, et ensuite mener un processus inclusif avec la participation de la société civile et du secteur privé. « Il faut un cadre normatif institutionnel mettant l’accent sur la question de gouvernance parce que la corruption et les conflits d’intérêts dans le secteur minier sapent généralement les efforts menés par le pays et effritent la confiance des investisseurs. Dans le cas contraire, on risquerait de passer à côté de cette opportunité. »

Le gouvernement congolais lui, reste plutôt optimiste sur les résultats de ce forum. Selon le ministre de l’Industrie, un plan d’industrialisation du pays ainsi qu’une feuille de route sur l’amélioration du climat des affaires ont déjà été adoptés afin d’attirer d’avantage d’investisseurs. Mais les acteurs de la société civile pensent que ce forum ne permettra pas une réflexion approfondie sur le sujet. Il faut, selon eux, créer un cadre plus approprié.

 

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