La tentation du Nil : les clefs de la tension entre l’Ethiopie et l’Egypte


1800 mètres de long, 175 mètres de haut, 74 milliards de mètres cubes de retenue, créant un lac de plus de 1500 kilomètres carrés. Non content d’être le plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique, le «barrage de la grande Renaissance éthiopienne» sur le Nil Bleu créé des tensions entre l’Egypte, le Soudan et l’Ethiopie.

L’Egypte dépend du Nil pour 85% de son eau. Il a historiquement affirmé qu’avoir un débit stable des eaux du Nil est une question de survie dans un pays où l’eau est rare.

Un traité de 1929 (et un traité subséquent en 1959) a donné à l’Égypte et au Soudan des droits sur presque toutes les eaux du Nil. Le document de l’époque coloniale donnait également à l’Égypte un droit de veto sur tout projet des pays en amont qui aurait une incidence sur sa part des eaux.

L’Éthiopie dit qu’elle ne devrait plus être liée par ce traité vieux de plusieurs décennies et a commencé à construire son barrage au début du printemps arabe en mars 2011 sans consulter l’Égypte.

Le président égyptien Abdul Fattah al-Sisi aurait déclaré en septembre que ce projet n’aurait jamais démarré si l’Égypte n’avait pas été distraite par les troubles politiques.

La principale préoccupation des Egyptiens est que si le débit d’eau baisse, cela pourrait affecter le lac Nasser, le réservoir plus en aval, derrière le barrage d’Assouan en Égypte, qui produit la majeure partie de l’électricité du pays.

Cela pourrait également impacter le transport sur le Nil en Egypte si le niveau de l’eau est trop bas, sans parler des moyens de subsistance des agriculteurs qui dépendent de l’eau pour l’irrigation.

Pourquoi l’Éthiopie veut-elle un si grand barrage ?

Le barrage de 4 milliards de dollars US (plus de 2.371 milliards FCFA) est au cœur des rêves industriels et manufacturiers de l’Éthiopie. Une fois terminé, il devrait être en mesure de produire 6 000 mégawatts d’électricité.

L’Éthiopie connaît une grave pénurie d’électricité, 65% de sa population n’étant pas raccordée au réseau.

L’énergie produite sera suffisante pour connecter ses citoyens et vendre le surplus aux pays voisins.

L’Éthiopie considère également le barrage comme une question de souveraineté.

Le projet de barrage ne dépend pas de financements extérieurs, mais d’obligations d’État et de fonds privés.

Le pays a critiqué ce qu’il considère comme une ingérence étrangère en la matière.

Le différend pourrait-il mener à une guerre ?

Certains craignent que les pays ne soient entraînés dans un conflit si le différend n’est pas réglé.

En 2013, il a été fait état d’un enregistrement secret montrant des politiciens égyptiens proposant une série d’actes hostiles contre l’Ethiopie au sujet de la construction du barrage.

Le président Sisi aurait également déclaré que l’Égypte prendrait toutes les mesures nécessaires pour protéger ses droits sur les eaux du Nil.

Le mois dernier, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a déclaré aux députés que “aucune force” ne pouvait empêcher l’Ethiopie de construire le barrage.

Le fait que les États-Unis soient intervenus montre la gravité de la situation et la nécessité de sortir de l’impasse.

Que s’est-il passé pendant les pourparlers ?

Les trois parties sont convenues de poursuivre les pourparlers aux États-Unis et de parvenir à un règlement définitif du différend d’ici au 15 janvier 2020.

En cas d’échec, ils ont dit qu’ils pourront demander conjointement une médiation supplémentaire.

La réunion a également convenu que les États-Unis et la Banque mondiale participeraient aux futures négociations en qualité d’observateurs

#BRISSE

…Partenaire des acteurs de l’économie en Afrique.

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