L’agriculture numérique, un atout majeur pour aider les petits producteurs à surmonter la crise de la COVID-19


À l’aube de l’année 2021 et à l’approche du premier anniversaire de la COVID-19, le moment est venu de prendre la mesure des effets de la pandémie et de réfléchir aux leçons que nous en avons tirées ainsi qu’aux moyens de mieux faire à l’avenir. Selon la Banque mondiale, quelque 124 millions de personnes dans le monde ont été précipitées dans l’extrême pauvreté en 2020, dont 60% vivent en Asie du Sud. Pour la première fois en 20 ans, la pauvreté a progressé de manière importante, et cette augmentation se manifeste en grande partie dans les zones rurales. Les petits exploitants agricoles et les petits producteurs continuent de se heurter à des difficultés inédites.

Toutefois, l’année 2020 a aussi montré que les communautés rurales peuvent s’adapter et faire face aux circonstances les plus difficiles. Citons notamment la révolution de l’agriculture numérique en faveur des pauvres et la façon dont des agriculteurs pauvres ont pu bénéficier d’outils numériques simples pour accéder à des informations essentielles à la préservation de leurs moyens d’existence. De nombreux agriculteurs, même dans les régions les plus reculées, utilisent désormais des téléphones portables pour obtenir en temps réel des données agricoles personnalisées qui leur permettent de prendre des décisions éclairées sur les cultures à produire et de déterminer où et quand vendre leur production. Le défi consiste maintenant à faire fond sur ces progrès pour que les technologies soient rapidement diffusées à plus grande échelle et que les populations rurales les plus pauvres ne soient pas laissées pour compte.

À cette fin, le FIDA a conclu, en août 2020, un partenariat avec Precision Agriculture for Development (PAD), une organisation mondiale à but non lucratif cofondée par l’économiste Michael Kremer, lauréat du prix Nobel. Le partenariat vise à fournir à 1,7 million de petits exploitants agricoles au Kenya, au Nigéria et au Pakistan des conseils agricoles personnalisés via leur téléphone portable, afin de les aider à améliorer leurs revenus, leur sécurité alimentaire et leur résilience. À une époque où les services de vulgarisation traditionnels dispensés en face à face sont extrêmement restreints, ce type de conseil par téléphone apparaît comme une proposition particulièrement attrayante et rentable.

En ce qui concerne la technologie elle-même, PAD a introduit une méthode particulièrement innovante, à savoir l’utilisation de la théorie de l’apprentissage social, en vue de recenser le type d’informations et de mécanismes de prestation qui donnent les meilleurs résultats pour les agriculteurs. Cette méthode permet de proposer des informations adaptées aux spécificités géographiques, aux marchés et aux agriculteurs locaux.

Les retombées de la stratégie de vulgarisation établie par PAD sont impressionnantes. Selon les données recueillies, les agriculteurs qui bénéficient d’informations numériques de haute qualité sont en mesure d’accroître leurs rendements, leurs revenus et leur capacité de résilience. Un article de la revue Science montre que les agriculteurs ayant accès à de telles informations ont 22% plus de chances d’adopter les pratiques agricoles recommandées.

Depuis le lancement du partenariat, en août, les progrès ont été fulgurants. PAD a lancé des activités au Nigéria et a commencé à déployer ses services par téléphone mobile au Kenya et au Pakistan. L’organisation s’est également associée aux équipes de projets en cours financés par le FIDA dans les trois pays, afin d’élargir son champ d’action. Jusqu’à présent, elle a réussi à toucher environ 1,4 million de petits exploitants.

Au Kenya, l’équipe de pays du FIDA a mis en relation les responsables de PAD et l’équipe du Projet de gestion des ressources naturelles dans le bassin hydrographique du Haut Tana, et devrait prochainement contacter les membres du Programme de renforcement de la production céréalière au Kenya – Guichet d’appui à des moyens de subsistance agricoles résilients face au changement climatique (KCEP-CRAL). Elle a également porté l’initiative à la connaissance des secrétaires de cabinet des ministères du Trésor national, de l’agriculture et de l’eau et de l’assainissement, afin d’intégrer et d’ancrer les services de conseils agricoles numériques sur mesure de PAD dans la plateforme MoA-INFO (système SMS).
Au Nigéria, PAD a tissé des liens étroits avec le Programme d’appui à l’adaptation au changement climatique et au secteur agroalimentaire dans les zones de savane, et les bénéficiaires du Programme seront les premiers utilisateurs des services de l’organisation dans le pays.
Au Pakistan, PAD est en passe de signer un mémorandum d’accord avec l’équipe de pays du FIDA en vue d’établir une collaboration dans le cadre du Projet de réduction de la pauvreté dans le sud du Penjab (SPPAP), lequel est financé par le FIDA. L’avancement des femmes revêt un intérêt particulier, de même que l’extension des services de PAD aux agricultrices pakistanaises.
La mise en circulation des vaccins contre la COVID-19 nous fait de nouveau espérer la fin proche de la pandémie. Toutefois, nous ne pouvons pas nous permettre de lâcher prise et il est évident que la COVID-19 continuera de bouleverser les moyens d’existence des petits exploitants agricoles pendant une grande partie de l’année 2021. Il importe que les pouvoirs publics et les organismes de développement continuent d’unir leurs efforts pour aider les petits exploitants agricoles à surmonter les difficultés et les obstacles persistants inhérents à une pandémie mondiale. Pour ce faire, il convient notamment de renforcer les innovations et les investissements dans l’agriculture numérique, tels que les dispositifs mis en place par PAD, qui resteront des outils utiles et efficaces pour les agriculteurs bien après la pandémie. À l’avenir, le FIDA a pour ambition de continuer de collaborer avec PAD et d’autres partenaires, afin de déployer à plus grande échelle des solutions de vulgarisation numérique, notamment des services consultatifs liés au développement des filières et à la météorologie. Les premières conclusions de ce partenariat enrichissant témoignent de la nécessité d’investir à long terme dans la vulgarisation agricole numérique.

 

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