Les États-Unis annoncent de nouveaux investissements au Sénégal

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a promis samedi de nouveaux investissements au Sénégal en les présentant comme une prime à la démocratie, dans ce pays réputé pour sa stabilité, lors de la dernière étape de sa tournée africaine. L’occasion de donner une nouvelle dynamique aux relations entre l’Amérique et le continent africain et de se démarquer du principal concurrent chinois. Pour l’administration Biden, la Chine, compte tenu de sa croissance rapide et de sa présence grandissante sur le plan international, est l’un des principaux défis auxquels doivent faire face les États-Unis au XXIsiècle.

 

Au Sénégal, les États-Unis ont une carte à jouer. Car les investissements américains dans ce pays d’Afrique de l’Ouest à la croissance rapide sont en augmentation ces dernières années, et 50 entreprises américaines opèrent dans divers secteurs, notamment les infrastructures, les technologies de l’information et des communications, l’énergie, les transports, l’hôtellerie et les services financiers. Et surtout les États-Unis peuvent profiter des accusations qui fusent actuellement autour des activités chinoises sur le continent, notamment sur les projets d’infrastructures et la baisse du niveau d’influence de la Chine sur les économies des pays africains ces dernières années, comme l’a révélé la dernière enquête Afrobaromètre. Cette enquête révèle même qu’en termes de modèles de développement la Chine arrive en deuxième position derrière les États-Unis comme choix préféré des Africains, avec 22 % contre 33 %.

Les investissements : un credo martelé plus fortement

On ne sait pas si Anthony Blinken avait toutes ces données en tête à quelques jours du sommet Afrique-Chine qui doit se tenir à Dakar, mais, durant sa visite au Sénégal, il a signé des accords d’un milliard de dollars avec des compagnies américaines, incluant un contrat de technologie pour des services publics de sécurité et un projet pour améliorer le trafic avec de meilleures routes. Les États-Unis investissent « sans imposer au pays une dette qu’il ne peut pas gérer », a-t-il déclaré lors de la cérémonie de signature avec le ministre sénégalais de l’Économie, Amadou Hott.

Il a également visité l’Institut Pasteur de Dakar, où il a promis d’aider les Africains à fabriquer leurs propres vaccins. « C’est une simple réalité. Nous n’allons pas réussir sans le leadership des gouvernements, des institutions et des citoyens africains », a-t-il dit. « Les États-Unis sont engagés pour renforcer leur partenariat à travers le continent dans la mesure où il sert les intérêts des peuples ici (en Afrique) et sert nos propres intérêts », a ajouté le secrétaire d’État américain. « Nous croyons fermement que, depuis longtemps, il fallait traiter les pays et les institutions africains comme les pièces géopolitiques majeures qu’ils sont devenus », a-t-il ajouté.

Les Africains « n’ont pas à choisir » entre Chine et États-Unis…

Dans un discours au Nigeria vendredi, Anthony Blinken avait déclaré que les Africains n’avaient pas à choisir entre leurs partenaires, tout en veillant à ne pas critiquer directement les projets d’infrastructures chinois, qui ont proliféré à travers le continent au cours de la dernière décennie. Un sentiment partagé par la ministre sénégalaise des Affaires étrangères, Aissata Tall Sall. « Il n’y a pas un choix. Il y a des choix », a-t-elle dit, avant d’ajouter : « L’Afrique est une opportunité. Notre diplomatie est souveraine et n’exclut personne. Mais aussi nous avons des amis traditionnels et des partenaires historiques et nous n’allons pas laisser les anciens pour les nouveaux. »

Quelques jours avant que la Chine ne tienne, au Sénégal, un sommet avec l’Afrique, la Maison-Blanche a annoncé à Washington que le président Joe Biden accueillerait « l’année prochaine » un sommet avec les dirigeants du continent. « Ce sommet poursuivra les efforts pour renforcer les liens avec les partenaires africains » et « sera également l’opportunité d’écouter nos homologues africains et de collaborer avec eux sur des questions clés que les États-Unis et l’Afrique estiment primordiales pour l’avenir du continent et notre communauté mondiale », indique la présidence américaine.

 

« Notre approche sera durable, transparente et conduite par des valeurs », a ajouté le chef de la diplomatie américaine. Les accords sur des infrastructures avec d’autres nations, qui peuvent être « opaques, coercitifs et empêtrer les pays dans une dette inimaginable, détruisent l’environnement et ne bénéficient pas toujours aux habitants », a-t-il déclaré. « Nous ferons les choses différemment », a-t-il promis. Anthony Blinken a reconnu la méfiance de nombreux pays africains : « Trop de fois, les pays africains ont été traités comme des partenaires mineurs – ou pire – plutôt que comme des partenaires égaux. »

 

#BRISSE

… partenaire des acteurs de l’économie en Afrique.


🛑 Recevez toute l’actualité de l’économie en Afrique sur WhatsApp. C’est simple ! Écrivez nous au (+237) 694545739.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici