Sénégal : le chômage technique a touché 11 901 salaries


La pandémie de la Covid-19 a durement touché l’économie sénégalaise, obligeant les entreprises à s’adapter au risque de périr. En plus de la réduction des heures de travail, de la fermeture temporaire, de l’anticipation des congés payés, du télétravail, entre autres, les sociétés se sont plus distinguées par le recours au chômage technique.

Initiée par la Direction générale du Travail et de la Sécurité sociale (Dgtss), l’enquête sur l’impact de la Covid-19 en milieu de travail révèle que 11 901 travailleurs ont été mis en chômage technique. L’étude effectuée sur un échantillon de 827 entreprises réparties dans 23 branches d’activités révèle ainsi que le chômage technique est l’option la plus utilisée au titre des mesures d’organisation du travail avec un taux de 43,7%.Il est suivi respectivement, d’après le rapport dont «L’As» détient copie, par la «réduction des heures de travail (30,7%,)», la «fermeture temporaire (28,5%)», l’«anticipation des congés payés (20,4%,)», «le télétravail (19,8%)», le «travail par roulement (17,9%)» et le «travail à temps partiel(12,5%.)».

 Toujours dans le cadre de cette enquête, il a été noté au titre du nombre de salariés impactés que sur les 11 901 travailleurs mis en «chômage technique», que plus de la moitié d’entre eux sont localisés à Dakar avec 7 574 travailleurs concernés, soit 63,64% de l’effectif total. La capitale «est suivie par la région de Thiès avec 2 427 travailleurs soit 20,39%.

La région de Kaffrine est la moins impactée.» En ce qui concerne les activités, il s’avère que celle d’ «hébergement et de restauration» comptabilise plus de travailleurs mis en «chômage technique» avec un effectif de 3 984, soit 33,48% du total. L’«éducation» (23,61%) arrive en deuxième position et le «transport et entreposage» (16,58%) complètent le podium. En revanche, l’enquête n’a révélé aucun cas de travailleur mis en «chômage technique» dans les branches d’activités «organisations et organismes extraterritoriaux», «activités extractives», «administration publique et défense», «boulangerie» et «nettoiement».

De même, les effectifs ont globalement été maintenus dans les branches d’activités «production et distribution d’électricité, de gaz» et santé et action sociale». Au plan de la rémunération, révèle la note, sur 11 901 travailleurs mis en «chômage technique», 11 316 (95,08%) ont perçu une rémunération supérieure ou égale à 70% de leur salaire moyen net des trois derniers mois d’activités. Au sein de ce groupe, ajoute-t-il, 1347 (11,31%) travailleurs ont perçu entre 91% et 100% de leur salaire.

Toutefois, il a été indiqué que 210 travailleurs ont perçu 50% de leur rémunération et 375 se sont retrouvés sans aucune rémunération, soit un cumul représentant 4,92%. Le délai estimé de reprise des activités a aussi intéressé l’enquête. Les services du ministère du Travail ont ainsi fait savoir que 530 établissements répondants, soit 64,09% du total, n’ont «aucune maîtrise» sur le délai pour la reprise normale. «Au même moment, pour 123 (14,87%) établissements, le délai pour une reprise normale du fonctionnement de leurs activités est de 4 à 6 mois», relève le document.

 Enfin, le comportement des établissements en matière de mesures de prévention sanitaire laisse apparaître des fortunes diverses. Les statistiques indiquent en effet que sur un total de 827 structures enquêtées, 538 (soit 65,05%) ont développé des pratiques qu’elles ont jugées appropriées à l’effet de poursuivre convenablement leurs activités.

SALARIES PLUS TOUCHES PAR SECTEUR D’ACTIVITES : LES ENSEIGNANTS DU PRIVE ARRIVENT EN TETE

Le rapport produit par la Direction générale du Travail et de la Sécurité Sociale (Dgtss) relève plusieurs secteurs dont les travailleurs sont plus touchés par la crise liée au nouveau coronavirus. Il ressort de l’enquête que la branche d’activités de l’Education arrive en tête, suivie des activités d’hébergement et de restauration puis le commerce de gros et de détails.

L’enquête sur l’impact de la Covid19 a été réalisée sur un échantillon de 827 entreprises réparties dans 23 branches d’activités et dans les 14 régions du Sénégal, pour un effectiftotal de 52 465 salariés avantla survenue de la pandémie de la Covid-19 et une masse salariale de 13 428 870 606 FCFA. D’après le rapport parvenu à «L’As», globalement, l’enquête révèle que l’impact de la crise est ressenti différemment par les établissements. Sous ce rapport, les branches d’activités les plus touchées sont l’«éducation» avec 32,84%. Il s’agit certainement des enseignants des établissements privés qui se sont retrouvés pour la plupart dans la précarité. Certains d’entre eux s’étaient d’ailleurs signalés au tout début de la crise pour demander à l’Etat de garder un œil sur eux.

En plus des salariés évoluant dans l’éducation, le rapport relève aussi ceux qui sont dans les «Activités d’hébergement et de restauration» avec 21,30%, mais aussi ceux qui évoluent dans le «commerce de gros et de détail» avec 13,16% du total des entreprises les plus touchées. Selon par ailleurs la forme juridique, trois types de statut concentrent 89,1% des entreprises «durement affectées».

D’après le rapport, il s’agit respectivement des «entreprises individuelles» (243), des «sociétés à responsabilité limitée» ou (SARL) (180) et des «sociétés anonymes» (SA) (110). Et parmi les entreprises affectées, celles occupant moins de 25 travailleurs concentrent un effectif de 467 établissements (56,47% du total) dont 431 «durement», 35 «faiblement» et 1 «pas du tout affectée».

Il ressort de l’analyse que les structures enquêtées rencontrent principalement des difficultés liées à une trésorerie insuffisante (720), une baisse de la demande des consommateurs ou clients (578), une perturbation de l’activité des partenaires commerciaux (574), l’absence de travailleurs du fait de la pandémie ou des mesures liées à l’état d’urgence (514) et un déficit de matières premières (368).

L’étude montre que les établissements enquêtés au niveau des régions de Dakar (422) Thiès (63) Ziguinchor (43), Fatick (41), et Saint-Louis (35) ont fourni le plus de réponses faisant état de la trésorerie insuffisante.

RECOMMANDATIONS

A l’issue de l’enquête, de nombreuses recommandations ont été effectuées par les services de la Direction générale du Travail et de la Sécurité sociale. Ils ont appelé à la mise en place d’un cadre tripartite réunissant les différents départements ministériels concernés ainsi que les organisations de travailleurs et d’employeurs pour mesurer l’impact de la crise sur l’économie et les emplois, et définir une feuille de route pour la reprise. Ensuite, ils ont préconisé l’élaboration et la mise en œuvre d’un système performant et coordonné d’information sur le marché du travail afin de capter plus aisément les informations en période de crise, de cerner l’impact et d’orienter les mesures palliatives.

En plus, ils ont proposé de prendre en compte les acteurs de l’économie informelle dans les études et les mécanismes d’accompagnement, d’étendre la protection sociale envers ces derniers et encourager la transition vers la formalisation. En ce qui concerne les outils modernes tels que la dématérialisation et le télétravail, la Dgtss opte pour leur développement et leur optimisation. Elle demande d’ailleurs que l’on prévoie dans la réforme envisagée du Code du Travail des dispositions dédiées au télétravail et renforcer le régime juridique du chômage technique avec une garantie de la rémunération en s’assurant de respecter les principes du tripartisme et du dialogue social. En définitive, toujours parmi les recommandations, il a été demandé, entre autres, la mise en place d’un dispositif technique et budgétaire adapté pour prendre en charge les activités des équipes chargées des études, et créer les conditions d’une plus grande célérité dans la mise à disposition d’informations qui conditionnent la qualité des orientations en période de crise ; une étude sur les voies et moyens d’instituer l’assurance chômage dans le système de sécurité sociale pour prendre en charge, en temps de crise, l’indemnisation des travailleurs affectés et soulager le secteur privé, en tenant compte des capacités institutionnelles et économiques ; etc.

 

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