Sida et insécurité alimentaire, une menace pour le monde rural en Afrique


Sida et insécurité alimentaire,une menace pour le monde rural en Afrique, où les deux tiers de la population des 24 pays les plus touchés par l’épidémie vivent dans des zones rurales, le VIH/sida compromet la production agricole et aggrave l’insécurité alimentaire.

Selon les estimations de la FAO, l’épidémie de VIH/sida a provoqué depuis 1985 la mort de sept millions de travailleurs agricoles dans les 25 pays africains les plus touchés par la maladie et devrait faire disparaître, d’ici 2020, au moins un cinquième de la main-d’œuvre agricole des pays de l’Afrique australe.

Prévisions particulièrement inquiétantes lorsque l’on sait que l’agriculture représente la part la plus importante du PIB des pays africains et le seul moyen de subsistance de populations entières. Il semble cependant difficile de mesurer l’impact économique réel du sida sur le secteur agricole, faute d’études globales significatives, et les observateurs ne s’accordent pas sur la question.

Une production agricole touchée

Des études particulières témoignent en revanche des liens entre un fort taux de prévalence et une production agricole faible. « En Ouganda, le gouvernement a lancé ces dernières années une politique de promotion des cultures destinées à l’exportation, or celles-ci ne se sont vraiment développées que dans les régions où le taux de prévalence reste bas,remarque Marcela Villarréal, coordinatrice de la FAO pour le VIH/sida.

Beaucoup de pays d’Afrique subsaharienne aspirent à une modernisation de leur agriculture, mais dans certaines zones, on ne trouve pas la main-d’œuvre nécessaire pour assurer le développement agricole. »

LE SECTEUR PRIMAIRE

Certaines grandes exploitations commerciales commencent par ailleurs à se soucier des conséquences que l’épidémie peut générer en termes d’absentéisme et de perte d’une main-d’œuvre expérimentée. Au Kenya, une étude a mis en évidence un ralentissement de la productivité dans une plantation de canne à sucre, où un quart de la main d’œuvre se trouvait atteint par le VIH.

D’une façon générale, ce n’est cependant pas le secteur commercial qui souffre le plus des effets de l’épidémie, ainsi que le souligne Marcela Villarréal : « La vraie pénurie de main d’œuvre se trouve à l’intérieur des petites exploitations et des cultures vivrières ».

Dans les pays les plus durement frappés
par le VIH/sida, l’agriculture représente
la principale source de subsistance des
populations. Or dans des communautés agricoles de subsistance pauvres et peu mécanisées, la main-d’œuvre s’avère cruciale. Au Malawi, où 80 % de la population dépend de l’agriculture vivrière, on assiste à l’abandon de zones entières de terres suite aux ravages de la maladie.

Insécurité alimentaire

L’affaiblissement des personnes malades du VIH/sida conduit invariablement à une réduction des parcelles cultivées. Une étude menée en 2002 au Swaziland, sur l’impact du VIH sur la petite production agricole, notait une réduction de 34 % des terres cultivées, de 54 % de la culture de maïs et de 29 % du cheptel, pour les ménages touchés par l’infection. 43 % d’entre eux avaient par ailleurs modifié leur type de cultures habituel, optant pour des variétés exigeant moins de travail .

Traditionnellement chargées de l’agriculture vivrière, les femmes se voient contraintes de s’occuper de leurs maris lorsqu’ils tombent malades, consacrant ainsi moins de temps aux travaux agricoles. Les dépenses en soins de santé laissent de plus très peu de place à l’achat d’aliments et le bétail se trouve souvent abattu lors des funérailles ou vendu pour se procurer des médicaments.

 

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